Faut livrer, faut livrer…

Ces dix journées de tournage et de vie en collectivité sont passées comme une seule journée.

Soirée de tournage...
Soirée de tournage…

Puis les actrices, les acteurs, les techniciens sont tous montés dans leur train ou dans le camion et les voitures qui ramenaient le matériel à Paris. Et d’un coup, le lundi 30 septembre, la maison est redevenue vide.  Mon chien Diogène m’a regardé avec des yeux inquiets : « C’est fini, la rigolade, les copains et les copines qui jouaient avec moi ? On va rester ici comme des cons tous les deux, comme au printemps ? »

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Ben oui mon gars.

J’ai allumé le gros ordinateur de montage, sur la loggia et j’ai fait le tour du chantier qui m’attendait. Dix-sept mille photos à trier, traiter, publier. Plusieurs dizaines d’heures de rushes vidéo dans le désordre. Et, en plus de ce boulot sur le film, j’avais le site explicite-art à administrer. Bien. Respiration, méditation. Pour déplacer une montagne avec une petite cuillère, faut juste éviter d’être pressé.

Le téléphone s’est mis à sonner. « Alors, John, t’es content du film ? Il est bon ? » Je répondais à tous que j’étais comme ces touristes japonais à qui on demande si leurs vacances se sont bien passées et qui répondent : « On sait pas, les photos sont pas développées. »  Durant trois mois, j’ai passé dix heures par jour, sept jours par semaine assis devant les écrans pour éponger cette charge de travail sans aide. J’ai revécu chaque seconde de chacune de ces journées de tournage, j’ai revisité chaque instant, passé mon temps à revoir chaque actrice pour monter ses scènes. Angell, Nikita, Carla, Charlotte, Marla, Lilith, Lily, Rico, Titof, Phil. Je vivais avec eux une relation obsessionnelle d’entomologiste.

Les courbes d'Angell...
Les courbes d’Angell…

In, out, insert, edit, niveau de noir, niveau de blanc, harmoniser les fréquences, limiteur de bruit, gain adaptatif, bounce, encodage, ftp… Quand on travaille ainsi sur un film, au bout d’un moment, on ne sait plus ce qu’on fait, on ne voit plus que des pixels, des histogrammes, des niveaux, des time-codes, des points de coupe, du rythme et des couleurs qui ont perdu tout leur sens. On ne voit plus que les défauts techniques et on se donne des baffes à soi-même. « Pourquoi j’ai pas fait plus attention ce jour-là ? J’aurais pu éviter ce flou… Pourquoi on ne leur a pas mis un HF, sur cette prise ? On aurait eu un son plus propre… »

Octobre, puis novembre et décembre sont passés ainsi, comme une parenthèse de non-existence. Huit heures trente : réveil. Neuf heures : une heure de promenade sur la plage avec le chien. Dix heures : début du boulot. Vingt heures : une heure à la cuisine pour préparer un joli plat bio de célibataire. Méditation culinaire.

Filet mignon et poivrons en feuilles de brick.
Filet mignon et poivrons en feuilles de brick.

Vingt-deux heures : un film sur l’Apple TV. Minuit : branlette et dodo. Vers la mi-novembre, le Cap d’Agde s’est totalement vidé de ses derniers habitants. Les rues sont devenues désertes, les derniers restaurants ont fermé. J’ai su que Noël approchait parce que les voiliers, sur le port, arboraient des guirlandes.

J’exagère, comme toujours. Trois événements plaisants ont éclairci la monotonie de la période. En octobre, nous sommes allés à Barcelone, avec Nikita Bellucci et Carla Cat, pour la cérémonie des « Galaxy Awards » pendant laquelle on m’a remis l’Award du meilleur site photo.

Carla et Nikita sont prêtes pour la cérémonie des Galaxy Awards.
Carla et Nikita sont prêtes pour la cérémonie des Galaxy Awards.
Avec Nikita et Carla, sur les Ramblas.
Avec Nikita et Carla, sur les Ramblas.
Carla, Nikita et John durant la cérémonie des Galaxy Awards. On n'est pas passés inaperçus...
Carla, Nikita et John durant la cérémonie des Galaxy Awards. On n’est pas passés inaperçus…

En octobre toujours, j’ai fait un court séjour à Montréal, toujours avec Nikita, pour présenter mon film « Gonzo mode d’emploi » qui était projeté au Festival du Nouveau Cinéma.

Avec Nikita, à Montréal.
Avec Nikita, à Montréal.

Et en décembre, j’ai réussi à caler une journée de tournage très amusante avec Daphnée Lecerf.

Et puis, un jour, peu avant la fin de l’année, je me suis rendu compte que j’avais tout fini. La version « director’s cut »était en ligne dans la zone membre d’explicite-art, Canal+ avait accepté le bébé et on allait être payés. La version « Integral sexe » avait été livrée pour être encartée dans le numéro 22 du magazine HOT Explicite. J’avais publié 20 mises à jour vidéo et 20 mises à jour photos sur explicite-art avec le fruit de ces dix jours de tournage.

Le baby blues pouvait commencer.

A suivre…

Plus de vidéos et de photos ? www.explicite-art.com

 

Faut livrer, faut livrer…
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11 commentaires Ajoutez le votre

  1. Nico dit :

    Courage John. Continue a travailler. Et decidement ca fait vraiment plaisir de te revoir bloguer. Au fait tu as fait une serie d’article sur tes acteurs/trices. Une que j’avais remarque pour son physique (quel corps !) et son energie, c’etait Electre. Elle avait l’air vraiment sympa. Je suis tombe hier sur son twitter et la quelle deception. La demoiselle fait ouvertement la promotions d’idees assez nauseabondes. Je sais bien que les gens ont le droit d’avoir les idees qu’ils veulent mais c’est triste: elle ne se rend meme pas compte qu’elle defend des personnes qui, si ils avaient le pouvoir, la ferait probablement enfermer a cause de son activite d’actrice. Et elle vient d’avoir la brillante idee de se faire tatouer une croix celtique sur le pubis: charmant ! Bref une qui m’a vraiment decu. J’espere que tu pourras en denicher d’autres avec un corps aussi magnifique mais un esprit un peu plus ouvert. Encore une fois Courage John !

    1. johnbroot dit :

      Croix celtique ? Pire encore, je pense que c’est le sigle du GUD. 🙁

  2. Owen dit :

    Question idiote : au vu de ce que j’ai lu dans tes blogues, les plats que tu prépares en feraient saliver plus d’un, et tu as l’air de bien te démerder avec les casseroles, les couteaux de cuisine et les condiments… As-tu déjà pensé à prendre un cours de cuisine professionnelle et à te mettre, sous une forme ou sous une autre, à plus ou moins long terme, dans la restauration?

    1. johnbroot dit :

      Hihi. Si un jour je change de métier, j’y penserai sérieusement. J’adore ça.

  3. Yoyo de xsw dit :

    Sympa ta cuisine « de célibataire » ! Très très bien même (mais c’est comme à la télé, on goûte pas, alors on ne sait pas trop si c’est bon aussi).

    Tu as de la chance l’hiver est très court cette année, le Cap va vite s’animer un peu !

  4. Wpg dit :

    Cela fait quelques semaines maintenant que je lis votre blog depuis le Canada, où je suis installé. Vous êtes allés à Montréal, mais venez-vous souvent au Canada, et, surtout, ailleurs qu’au Québec? 😛

    1. johnbroot dit :

      Non, je n’y suis allé qu’une fois, pour le Festival du Nouveau Cinéma. Et j’ai adoré cette ville. J’aimerais essayer d’y tourner…

  5. fandegrosseins dit :

    Bonjour , je pensais la post production d ‘ un film x plus simple … qu ‘ utilisez vous comme caméra ?

    1. johnbroot dit :

      Lisez le post « pour les geeks », vous aurez tous les détails.

      1. fandegrosseins dit :

        je viens de le lire , merci

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