Escorts.

Je tourne donc, c’est décidé, cet été, un film qui parle de prostitution. « Les hirondelles » racontera quarante-huit heures dans la vie de trois copines escorts parisiennes. Pourquoi ce sujet ? Parce que, un, il m’intéresse. Deux, parce qu’il est d’actualité depuis plus d’un an, depuis que quelques excité(e)s de la pudeur s’acharnent, au parlement, à faire adopter une loi inapplicable sur la pénalisation des clients au lieu de s’occuper de vrais problèmes. Vous pouvez lire à ce sujet mon post du 19 mars « Saintes putes ».

Ovidie nous donne des nouvelles de ce projet de loi. http://www.metronews.fr/blog/ovidie/2014/04/09/le-senat-veut-il-vraiment-de-la-penalisation-des-clients/

Lisez aussi, sur la page Facebook d’Ovidie, les réactions à son post. Elles sont intéressantes.

Et tiens, simultanément, l’amie Faustine Karel — vous la connaissez si vous êtes un familier de mes productions — fait son coming-out dans les pages web du Nouvel Obs, cette semaine. Courageuse, la Faustine.

Faustine Karel.
Faustine Karel.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1186515-prostitution-etudiante-je-suis-escort-depuis-que-j-ai-18-ans-et-je-vais-bien-merci.html

En ce moment, je compile des bouts de texte, des citations,  des idées pour nourrir le bébé à naître. Je vais réunir mes ami(e)s escort, mâles et femelles autour d’une bonne table, un soir, le plus tôt possible, et prendre des notes. Je voudrais que mon film ne soit pas seulement aphrodisiaque et intéressant à regarder. Je tiens à ce qu’il soit juste et respecte son sujet. Marla, Judy, Faustine, Emma et les autres, vous serez libres un soir avant la fin du mois ? J’amène le Champagne et mon stylo, amenez vos neurones et vos anecdotes.

Voici un bout du scénario. Cette scène a lieu dans les premières minutes du film. Elle donne le ton. Doux-amer.

Chez le célèbre photographe de charme. Le photographe a une soixantaine d'années, des cheveux longs et en désordre, un look d'artiste. Il est déprimé, doux et triste. Marie, nue, lit un de ses livres de photos pendant qu’il la shoote. Elle lit à voix haute : «Vous serez étonnés d’apprendre que le sexe et l’amour sont deux choses opposées. Quand l’amour grandit, la sexualité diminue et quand l’amour diminue, la sexualité augmente. Plus vous êtes aimant, moins vous serez sexuel ; et si vous êtes totalement rempli d’amour, il n’y aura plus rien de sexuel en vous. Mais, s’il n’y a pas d’amour, tout en vous sera sexuel. OSHO.» Elle est étonnée. «C’est vrai mais c’est déprimant. Pourquoi tu cites des trucs comme ça dans un bouquin de photos érotiques ?» Sans cesser de la photographier et de la diriger, le photographe lui explique que c’est parce que, toute sa vie, il a confondu l’amour et le désir. Et qu’il s’est fait mal, à ce jeu-là.

Trois minutes plus tard dans le film, après le départ de Marie, le photographe se suicide d’une balle dans la tête. Mais… euh… T’es sûr que c’est un film porno que tu prépares, là, Biroute ?

Ben oui.

PS. Une vidéo drôle et grinçante sur un gars qui ne fait pas la fierté de notre métier, c’est le moins qu’on puisse dire : Jean François Davy. Avec Nikita Bellucci, d’un calme héroïque. Il faut absolument que j’aie un personnage comme Davy, dans mon prochain film. Promis. Le réalisateur libidineux. Qui l’interprètera ? http://hotvideo.fr/news/2014-04-11/davy-bellucci-fritures-sur-la-ligne/

Il est en kiosques, ne le ratez pas car il contient le DVD de l' »Intégrale Hard » de « Des filles libres ».

explicite23

Plus de photos, plus de vidéos ? www.explicite-art.com

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4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Nicolas Verges dit :

    Ce ne sont pas les foules qui font changer les choses, mais les individus. Ceux qui font le choix de s’investir « personnellement dans une démarche visant à modifier un état des choses qui ne leur parait pas juste. C’est avant tout avec ce qu’il y a de plus précieux au monde, le temps, que celui ou celle qui décide de l’engagement viendra l’offrir. Alors, bien souvent, quand la cause est juste, le résultat est surprenant, souvent magnifique. Je commencerais donc pas saluer ceux et celles, comme vous Mr. B Root, qui continu l’aventure dans une lutte que l’on espère accompagnée de champagne, de rires et de bons moments mais aussi avec le soutien de ceux qui partagent vos idées. J’en fais partie.
    Déjà votre articles « Sainte-Putes » avec résonné en moi avec tant de justesse qu’il a été, si ce n’est le déclencheur, un facteur supplémentaire m’incitant à continuer, à ma manière, une autre forme de démarche réparatrice.
    Il est effectivement surprenant, comme vous le faites remarquer, de voir ce regain de moralité que souhaiterait nous imposer un « nouvel ordre ». Il semble qu’il soit simplement une tentative de réponse à l‘immoralité absolue que n’a cesse de démontrer la classe dirigeante! L’intelligencia, « au-dessus des lois » est criblée d’affaires plus corrompues les unes que les autres, alors il est temps de proposer une nouvelle « lois » qui apportera réponse à toutes ces « brebis égarées ».
    « N’hésitons pas à aller « assommer » le client » pour mettre fin « une fois pour toute » à la prostitution. Cela pourrait faire rire tant le fait de le dire ou l’écrire parait ridicule ! Encore une loi, aussi inapplicable qu’inutile. A l’heure des nouvelles technologies de communication associées au « flagrant délit » qu’il faudrait constater je ne vois malheureusement que le « pauvre bougre » du bois de Boulogne qui aura peut être sacrifié une partie d’un maigre revenu pour ce faire « arraisonner et traduire en justice !
    C’est ridicule et n’approche pas le véritable sujet.
    J’ai souvent déclaré à des Escorts « Que leur services devraient être « remboursés par la sécurité sociale ». Au-delà de la « boutade » je considère que l’impact sociétal des « services sexuels tarifés» est grandement sous-estimé. Nul doute que d’innombrables situations ou une escalade de frustrations et de mal être existent, ont été modifiées au point qu’un nouveau drame aura pu être évité.
    « Retirer la sexualité à « l’homme » et on connaît les résultats désastreux dont les témoignages surgissent chaque jour, un demi-siècle plus tard…. Je suis bien placé pour en parler… mais c’est un autre sujet.
    De mes 16 ans et du premier achat d’une « passe » à Pigalle, à mon statut de « Grand-Père » 40 années plus tard, les « Escorts » ont toujours fait partie de ma vie. Le minitel et l’internet associé au téléphone « portable » auront révolutionné les « échanges humains» et participé à cette forme si ce n’est d’émancipation » en tout cas d’indépendance des personnes concernées. Je suis quelque peu fier de mon statut de maigre « sponsor officiel » de « l’industrie ».
    Vénalités me direz-vous ? Mon expérience des relations humaines, deux mariages plus tard et témoin d’une multitude de situation de couple m’aura confirmé que la droiture et la moralité des agissements humain ne résident certainement pas de manière exclusive au sein des familles « constituées selon le dogme local ». C’est souvent l’inverse. J’aurai constaté l’acharnement, des deux côtés, lors de séparation, autour des finances et des biens. Acharnement qui paraitra bien plus « monstrueux » et vénal que n’importe laquelle des transactions entre un client et une prostitué(e). Si l’on devait ensuite renseigner les détails financiers dans un beau tableau Excel du « couple » on s’apercevrait alors que nos amies les Escorts ont de la marge ! Les relations humaines sont toujours un « échange ».

    Et la tendresse bordel ? : Ce sont plutôt des moments d’équilibre ou de réajustement que m’auront amenés ces relations. Je rajouterais même, en ce qui me concerne, que les moments d’affection que j’aurais perçu de nombreuses fois lors de ces « relations tarifées » portaient une sincérité profonde, d’un humain vers un autre, dénué de tout attachement, gage essentiel de la pureté d’un moment.
    Luxure me direz-vous ? Là aussi, la « connexion » purement « sexuelle » lorsque qu’une compatibilité spécifique se sera révélée entre nous m’aura fait connaitre une intensité d’échange inégalée.
    Et quand bien même tout cela ne serait qu’illusion, le bilan du mieux-être reste très positif, même si je me suis aussi fait mal, moi aussi dans la confusion de l’amour et du désir, sans pour autant vouloir me mettre une balle dans la tête …(quoi que… pas si loin à y réfléchir….)
    Voilà, j’espère avoir pu modestement contribuer à enrichir quelque peu le débat.
    Vous l’aurez compris, vous avez tout mon soutien.
    Merci encore pour la démarche. Je ne sais pas quelle place vous avez réservé au « client » dans votre projet et si la « table » dont vous parlez à une chaise disponible auprès des « copines ».
    J’amènerais une bouteille avec plaisir si la « voix du client expérimenté » vous parait appropriée
    En vous souhaitant le meilleur dans tous vos projets.
    Amicalement

  2. Faustine Karel dit :

    Waw, le mec au-dessus est super prolixe !

    Avec plaisir pour des anecdotes prochainement, donne tes dispos !
    A mardi, bon dimanche !

  3. LucianoBDC dit :

    John B. Root : « Une vidéo drôle et grinçante sur un gars qui ne fait pas la fierté de notre métier, c’est le moins qu’on puisse dire : Jean François Davy. Il faut absolument que j’aie un personnage comme Davy, dans mon prochain film. Promis. Le réalisateur libidineux. Qui l’interprètera ? »

    Pourquoi pas un réalisateur ?
    Et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même (paraît-il)… Ou alors Abdellatif Kechiche. Ça ferait le buzz 😀

    Plaisanterie à part, Jean-François Davy n’est certainement pas le premier réalisateur – de productions pornographiques ou traditionnelles – plus ou moins libidineux, face à la caméra ou hors caméra et hors plateau.

  4. Dreko dit :

    Pour ton film j’imagine Anksa Kara que je trouve vraiment belle. La connais tu ?

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